LETTRE OUVERTE A L'EXECUTIF DE LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
Lettre ouverte au
Chef de l´Exécutif de la République Centrafricaine par Amine Michel,
Président
fondateur de l´Union pour la Démocratie et le Progrès (UNDP-RCA)
Monsieur le Président de la République,
Cher frère Faustin Archange Touadéra,
Je me suis résolu de vous écrire pour réitérer mon récent
message de paix pour notre pays et vous encourager dans l´exercice de vos
fonctions et lourde mission pour la recherche de la stabilité dans notre pays, stabilité
sans laquelle aucune avancée en direction de son développement n´est
possible. Votre accession à la
magistrature suprême de notre pays depuis le 30 mars 2016 s´est faite dans un
contexte d´espoir pour une nation souffrante qui continue d´avoir les yeux
rivés sur vous et sur les actions de votre gouvernement. Tout le peuple centrafricain attend de voir la
lueur qui annoncerait le bout du tunnel pour la paix et la sécurité et qui le
remettrait en toute confiance au travail. Il attend quelques signes forts
d´apaisement des tensions sociales que lui imposent les multiples impasses qui freinent
considérablement son développement. L´état général de notre nation est entaché
de graves difficultés dont vous avez sûrement conscience. Et dans un contexte
comme le nôtre, vous avez besoin, plus que jamais, de toutes les forces vives
de la nation pour venir à bout de ces défis et urgences.
Je ne doute pas un seul instant de votre volonté de faire de
votre mieux pour sortir notre peuple de l´ornière. J´ai suivi avec une
attention soutenue votre récent discours devant la communauté internationale et
j´ai pu y percevoir une volonté réelle, non seulement de voir notre Afrique en
finir avec ses multiples guerres, mais aussi et surtout à relever notre peuple
en souffrance par des actions concrètes sur le terrain de la reconstruction
d´un pays déchiré.
Je sais qu´il n´est pas facile de prendre la tête d´un pays
à un tournant si important de son histoire, fait d´obligations de
transformations sur de plans multiples. Ces
obligations qui s´imposent à vous et à votre gouvernement ne sauraient laisser
personne indifférente, d´où la nécessité pour tout Centrafricain, où qu´il
soit, de se lever pour apporter sa pierre à la reconstruction de notre nation.
Votre ouverture nous obligeant.
En vous encourageant dans vos lourdes tâches et en attirant
votre attention sur l´état global de notre pays et les défis qui s´imposent, je
poursuis le but résolu de vous accompagner dans le processus de gestion d´un
pays qui a besoin de toutes les forces pour s´en sortir. Vous et moi sommes rassasiés
des coups de violences qui ont tant négativement marqué et sali l´histoire de
notre pays. Pour mémoire, et comme vous le savez, notre pays reste le seul en
Afrique centrale ayant connu depuis son indépendance, et en si peu de temps, 16
coups d´état dont 4 ont réussi à porter à la tête de l´Etat des personnes qui
n´ont jamais été préparées à porter le peuple centrafricain plutôt que de se
porter soi-même, dans leur élan d´enrichissements illicites au détriment des
femmes, hommes et enfants croupis dans la misère la plus intolérable. Notre
pays n´a connu qu´instabilité sur instabilité, l´instabilité des régimes
signifiant aussi l´instabilité de son développement sur tous les plans.
Cher frère, Excellence,
Depuis votre accession à la magistrature suprême, j´essaie
de vous suivre pas à pas dans votre souci et dans votre engagement pour la
stabilité et le développement de notre nation et pour mettre en œuvre vos
promesses faites à ce peuple dans l´attente. Comme vous le savez, notre pays
n´a connu que stagnation et léthargie dans le développement de sa démocratie depuis
son indépendance. C´est en effet cette absence de construction démocratique de
valeur, qui a conduit nos précédents gouvernements à s´enfermer dans des
cercles de familles et de combines de toute sorte pour jouer au favoritisme,
fondant ainsi une politique de négation du peuple et de négation de toutes les
volontés de progrès au sein de notre nation. Le peuple centrafricain n´a jamais
été au cœur des soucis politiques des pouvoirs en place avant vous. Il a été
gardé sciemment dans l´éducation de la cave, ou plutôt dans une absence
volontaire d´éduquer. Abandonné dans son ignorance, il ne pouvait qu´être
victime des manipulations diaboliques, avec pour seule intention de le laisser
dans l´obscurantisme afin de mieux tirer des profits personnels, et au final,
de s´enrichir à volonté, en enrichissant les siens au détriment de l´ensemble.
En cette période, que je nomme de transitoire pour notre
République, mon souhait pour vous et votre gouvernement est que vous vous
mettiez à l´œuvre de construction d´un patriotisme de niveau, pour une nation
qui attend et espère de se relever de ses souffrances. Que vous fassiez bon
usage des richesses multiples sur lesquelles notre peuple est assis, et qui
sont un don de Dieu pour la nation centrafricaine. La culture du patriotisme,
de l´amour d´une nation forte, qui sait se porter soi-même, est essentiel dans
la construction de son avenir. Notre politique ne saurait nullement être basée sur
un nationalisme exacerbant qui conduit facilement à de l´enfermement. Notre
nation ne saurait être une prison pour son propre peuple. C´est aussi pour cela
que je vous conseillerai de vous éloigner d´une politique de rigidité qui ne
saurait ouvrir notre peuple à des chances nouvelles qui nous viennent
d´ailleurs et qui nous enrichiraient énormément.
Après vos différentes prises de position pour la paix et le
développement de notre pays, auxquels j´adhère volontiers, il est temps pour
vous et votre gouvernement de vous mettre à l´œuvre pour le développement réel
de notre pays. Vos efforts doivent se fonder avant tout sur l´éducation de
notre peuple, avec les moyens qui sont les vôtres. Pour le dire plus
simplement, reversez le moindre franc qui est à votre votre disposition dans
une action directe de développement, avant même que ne vous parviennent les aides
internationales promises. Et vous verrez, si Dieu n´ouvre pas les écluses du
ciel pour déverser sur notre nation les bénédictions de bonheur sans fin dont
parle la Bible (Malachie 3, 10b) et qui pourraient facilement, dans le cas présent,
être ces aides d´ailleurs, qui vous parviendraient sans même que vous en ayez
fait la demande. Pour tout dire, vous en serez inondé. Votre politique doit pour
cela se baser sur la pratique d´un développement réaliste. Laissez-vous
inspirer par certains de vos pères africains, que vous devriez connaître, et
qui ont su, de façon pragmatique, sortir leurs pays de la souffrance en les
mettant résolument sur la voie du développement et de l´amélioration des
conditions de vie de leurs populations.
Face à ses aspirations négligées, notre peuple vous attend. Dans
leur soif de développement pour faciliter la vie à nos populations, les régions
enclavées de notre pays vous attendent. Pour tout dire, le peuple affamé vous
attend, les bras ouverts et les mains tendues vers votre palais, dans l´espoir
d´une réponse active à leurs cris de détresse. Nous de l´UNDP, le parti dont je
préside les destinées, sommes conscients que vous ne pouvez y répondre seuls.
Nous nous rendons disponibles à tout appel aux actions positives pour le salut
de notre nation et pour sa mise en route vers son développement,
irréversiblement.
Ne l´oubliez surtout pas, l´oisiveté dans laquelle la
jeunesse de notre pays est plongée est source incontestable de rébellions et de
manipulation pour une instabilité continue du pays. Je vous prierai de prêter
une oreille attentive aux attentes d´une jeunesse aux abois. Je reste convaincu
de cette vérité : Si votre politique donnait du travail aux jeunes, elle
barrerait facilement la voie à la rébellion armée et aux destructions des biens
et des personnes dont notre pays continue d´être victime. Le constat amer des
violations multiples des droits de l´homme fait récemment par l´envoyé spécial
des Nations Unies (Conseiller
spécial du Secrétaire Général de l’ONU pour la prévention du génocide) lors de
sa visite en ce mois d´octobre 2017 dans certaines localités de notre pays, et
consterné qu´il était, par des bévues des groupes armés sur les populations
civiles nous interpelle tous, et vous au plus haut niveau, afin que nous
prenions ensemble conscience de ces réalités et pouvoir agir en conséquence.
Dans ce cas, je vous conseillerai de réveiller la conscience et la sensibilité
de vos ministres dont certains se complaisent dans l´oisiveté, dans un pays qui
a pourtant du pain sur la planche. Vous êtes sans ignorer que ces derniers
élisent « domicile » dans la capitale comme si la Centrafrique se
résumait à la seule ville de Bangui. Si la capitale est sécurisée, qu´en est-il
du reste du pays ? Ces derniers ont pourtant les moyens pour leur sécurité et
peuvent, de ce fait, faire le déplacement dans les autres parties du pays pour
rencontrer les populations meurtries et toucher du doigt les réalités d´une vie
misérable des gens pourtant simples. Et non seulement cela, d´engager des
actions concrètes en leur faveur.
N´oubliez pas que des gens abandonnés à leur seul sort
s´énervent facilement et peuvent être prêts à tout pour en découdre avec ce
qu´ils ont l´habitude d´appeler eux-mêmes des « sorciers » d´un
pouvoir que je taxerais, dans ce cas, d´un pouvoir inconscient et malheureux
qui a régné sur notre pays depuis son indépendance, et qui ne saurait se
perpétuer avec vous. Je vous conseillerai de vous séparer de tels
« sorciers » pour vous entourer d´hommes et de femmes courageux qui
ont appris à faire des soucis de notre peuple leurs soucis personnels. Ce sera
la seule voie de succès et de l´accomplissement des promesses faites. En vous
entourant des travailleurs qui ont du souci pour notre nation, votre succès à
la tête de notre pays sera historique et nous écrirons enfin une histoire
positive de notre nation que nous léguerons à la génération à venir. Ces
travailleurs infatigables vous accompagneraient alors dans vos actions de
redressement de notre pays. De ce fait, je vous conseillerai, sans attendre, de
concevoir et d´appliquer le principe des travaux communautaires obligatoires
pour tous et sur toute l´étendue du territoire national, qui sera autant
d´écoles pour apprendre à nos populations à s´engager pour le bien de la
nation, avec vous comme le premier ouvrier qui aura su retrousser ses manches
pour œuvrer au développement et à l´entretien d´un environnement propice au
progrès et à la santé pour tous. C´est aussi l´objectif de notre politique de
la Révolution verte qui est cher à l´UNDP, notre parti et que je vous
conseillerai d´adopter.
Sur ce, je me rends disponible à tout dialogue constructif
sur l´avenir de notre nation, et je réitère ma position de leader d´une politique
constructive pour notre pays.
Recevez mes chaleureuses salutations et ma prière au Dieu
Tout-puissant et Miséricordieux qui sortira notre pays de sa peine profonde et
dont il a maintenant écouté le cri du fond de sa misère, comme au temps du
peuple d´Israël en Egypte.
Amine Michel
Président fondateur de l´UNDP-RCA
A Marseille, le 15 octobre 2017
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