APPEL POUR LA PAIX DU PRESIDENT DE L'UNDP -AMINE MICHEL
Le Président National de l´UNDP, le frère Michel
Amin lance un appel pour la paix en Centrafrique
Mon appel pour la paix 2017
Chers
Concitoyens,
Chers
sœurs et frères,
Chers
compatriotes,
« Et
que la paix soit sur moi le jour où je naquis, le jour où je mourrai, et le
jour où je serai ressuscité vivant. » C´est par ces paroles du St Coran,
Sourate 19, verset 33, en accord direct avec les paroles de confiance de Jésus,
le Christ de Dieu, qui déclare dans son Evangile en Jean 14, 17, « Je vous
donne ma paix, je vous laisse ma paix, je ne vous la donne pas comme le monde
vous la donne, que votre cœur ne se trouble pas et ne s´alarme pas », que
je commence cet appel à la paix pour notre nation, la République
Centrafricaine, en cette année 2017 qui tire bientôt vers sa fin.
Je
suis épris de paix au regard de tant d´espoirs que suscitent les cris de
souffrance des hommes et des femmes que vous êtes, dans notre cher et beau
pays, la Centrafrique.
Le
temps de rassemblement est arrivé, le temps de se rassembler autour de ce qui
est cher à tout humain : la paix, sans laquelle nul ne peut rien faire.
Chers
concitoyens,
Chers
Sœurs et frères de notre nation,
Le
combat pour la paix est une lutte qui nous engage tous. C´est dans l´optique de
cette recherche que je vous demande de faire confiance aux institutions de
notre pays, que le peuple souverain a mis en place pour œuvrer et trouver des
voies et moyens pour réussir notre développement. Mais ce développement ne
deviendra réalité que si, ensemble, nous œuvrions pacifiquement et d´un commun
accord, à dire non à l´usage de la force et de la violence qui nous déchirent
et perpétuent notre pauvreté.
Les
nations fortes de cette terre ont compris le sens de la paix et de l´unité, et
ont su dire non à la guerre. Le Rwanda est de ce fait un exemple qui a su dire
: « plus jamais ça ! » et le prouve par le niveau rasant de son développement.
C´est cet exemple que notre nation suivra.
Je
lance ici un appel pressant aux forces de la mort de cesser leurs exactions au
sein de notre peuple et de nous rejoindre dans nos efforts pour la paix en
Centrafrique. Que les Antibalaka, toutes les fractions Seleka et autres
groupuscules acquis à la violence déposent leurs armes et reviennent à la
raison. La paix ne peut pas être un fait de la violence. Notre nation a besoin
de sécurité pour que ses citoyens vaquent librement à leurs tâches et devoirs.
Il s´agit pour cela de laisser tomber toutes les forces particulières pour embrasser
l´unique force nationale et s´organiser autour d´un idéal de défense
territoriale et nationale. J´exhorte de ce fait ceux qui ont la rage du
pouvoir, ceux-là qui ont
soif de sang pour le simple pouvoir, de cesser
d´instrumentaliser notre jeunesse en les armant pour tuer sans raison.
J´invite
de ce fait toute la nation à penser à ceux qui sont tués chaque jour et qui
meurent pour rien. Il s´agit d´une sœur, d´un frère, d´un ami. Tous ceux-là
font partie de notre sang, et nous ne les oublierons jamais.
La
souffrance de notre pays causée par ces guerres insensées me contraint à cet
appel urgent pour la paix et à la prise de conscience que notre nation ne peut
plus continuer à vivre ainsi. Regardons autour de nous et admirons les efforts
de paix des nations qui réussissent leur développement.
C´est
pour cela que mon regard est tourné vers tous ceux qui vivent dans l´arrière
pays, tous ceux et toutes celles qui sont retranchés dans des zones difficiles
d´accès, tous ceux et celles qui courbent l´échine chaque jour à la recherche
de la moindre pitance pour se nourrir et subvenir aux besoins de leurs familles
en détresse. Tous ceux de nos frères et de nos sœurs qui ne peuvent nullement
librement se mouvoir sans crainte d´être victime d´une agression ou d´une
autre.
Je
suis conscient de la faute de nos ainés qui n´ont pas compris le sens de cette
paix que nous recherchons tant aujourd´hui ; Ceux-là qui avaient ou qui ont la
destinée de la nation entre leurs mains mais qui ont trahi notre peuple par leur
sens élevé de la cupidité et enclins à un égoïsme poussé, choses qui les ont
aveuglés au point ne plus pouvoir voir en face les réalités d´une nation
centrafricaine en détresse. Ils doivent maintenant reconnaître leurs fautes
dans la mauvaise gestion de notre pays, dans les situations malheureuses qui
ont amené des sujets à faire recours à la force, signe qu´ils ont été à court
d´arguments, et qui a fait périr tant d´hommes, de femmes et d´enfants de ce
pays.
Je
pense ici à des composantes de notre nation dites minoritaires, notamment les
peuls et les pygmées, à ceux de notre peuple qui se sentent abandonnés par les
pouvoirs qui se sont succédés dans notre pays. Je n´oublie pas les minorités
religieuses et tous ceux et celles qui croient différemment et qui approchent
leur Dieu de manières différentes. La guerre de religion n´a pas de sens,
surtout dans ce pays où durant des centenaires, des gens se sont côtoyés
paisiblement, en exerçant chacun sa religion dans la paix. Il en sera encore
ainsi, une fois la paix acquise dans notre pays, et ce sera le fait de toutes
et de tous. J´en rêve et nous le réaliserons.
Alors,
tous ceux de nos citoyens qui sont confinés dans les brousses et qui vivent
sous le régime de la peur, les dignes bergers peuls, pour ne citer que ceux-là,
et qui ne peuvent plus paître leurs troupeaux en paix, faute de liberté de se
mouvoir dans un pays pourtant libre, ceux-là retrouveront la liberté d´exercer
leur mode de vie. Il va s´en dire, que comme tous les autres peuples de notre
nation, ceux-ci sont tous des personnalités juridiques et des sujets de droit,
protégés par la loi et dont nul n´a le droit de porter atteinte à leur
intégrité physique et matériel.
Notre
paix donne droit au respect de la vie privée de chaque citoyen, de quelque
milieu qu´il soit issu, de quelque croyance qu´il soit tributaire. Le droit à
la singularité est un devoir de paix pour une nation qui respecte la
particularité de chaque homme, de chaque femme, chacun se présentant tel qu´il
est, avec les forces de développement qui sont les siennes et susceptibles de
contribuer fortement à la croissance de ce pays.
La
recherche de la paix passera aussi par là, sans oublier l´obligation de respect
envers les forces qui encadrent la paix dans notre pays, en débit de quelques
bévues constatées. Je pense aux forces Minusca des Nations Unies, aux forces
françaises Sangaris, ceux-là de nos amis qui ont quitté le chez eux pour faire
chemin vers nous, en laissant derrière eux, espaces de vie, familles et
connaissances, pour venir nous aider dans notre processus de recherche de la
paix et de la réconciliation nationale. Notre respect va aussi aux forces des
pays amis et voisins tel le Tchad, sans oublier le Cameroun, les deux Congos,
les deux Soudans, qui ont fait de leur mieux pour nous assister dans nos
souffrances et
dans les peines orchestrées par nos guerres indignes,
ces dignes frères voisins dont seules les frontières nous séparent, et qui sont
frères dans le sens du mot d´ordre patriotique de notre parti : « Nous sommes
tous frères et soeurs, de l´Est à l´Ouest, du Sud au Nord ».
Par
cet appel pour la paix pour notre Nation, je romps mon silence après les
injustices connues par le passé dans le processus incongru qui a abouti à
l´annulation de ma candidature aux dernières élections présidentielles dans
notre pays. Je ne vous ai jamais abandonné. Mon cœur a continué de vibrer pour
une Centrafrique nouvelle. Je fais confiance aux autorités en place pour leur
sens de responsabilité et du souci de paix pour notre nation. Ces derniers sont
tenus de tenir leurs promesses à notre peuple, auquel cas ils seront bien
obligés de payer à notre peuple pour leur manque d´engagement pour la justice
et pour la paix. Dans l´attente de nous revoir bientôt sur la scène politique
de notre pays.
Sur
ce, chers compatriotes, il ne me reste plus qu´à vous exhorter au courage du
pardon et de la recherche de la paix les uns avec les autres, choses sans
lesquelles notre nation ne saura s´affranchir des ravages de la guerre. Comme
le disait notre icône africain Nelson Mandela : « Des gens courageux ne
craignent pas le pardon, au nom de la paix ». Vous êtes des femmes et des
hommes courageux, qui êtes capables de paix.
Que
vive la paix dans notre nation et au sein de notre peuple,
Vive
la République Centrafricaine.
Que
Dieu bénisse notre pays.
Votre
Serviteur et frère de sang,
Amine Michel,
Président Fondateur de l´Union
Nationale
pour la Démocratie et le
Progrès (UNDP-CA)
Marseille,
Octobre 2017
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